Guide complet : Bien choisir son contrat d’assurance vie

sandrine

Dans le contexte actuel de baisse constante du rendement des fonds en euros, l’assurance vie reste malgré tout attractive, comparée aux autres placements qui rapportent moins et qui ne bénéficient pas d’une fiscalité aussi attrayante.

Cependant, bien choisir son contrat s’avère indispensable, car d’un contrat à l’autre les écarts de rendement sont importants. Pour ce faire, respecter un certain nombre de précautions est indispensable.

Où trouver un bon contrat ?

Si les contrats d’assurance vie sont distribués par une multitude d’intermédiaires, ils ne sont mis sur le marché que par les organismes agréés par l’autorité de contrôle (ACPR).

Trois catégories d’assureurs vie :

  • Les entreprises d’assurance (sociétés anonymes et sociétés d’assurance à forme mutuelle), régies par le Code des Assurances ;
  • Les mutuelles, régies par le Code de la Mutualité ;
  • Les institutions de prévoyance, régies par le Code de la Sécurité Sociale ;

Une myriade de distributeurs

De statuts très divers, ils sont soient distributeurs des produits « maison » (agents généraux d’assurances, association d’épargnants, agences bancaires), ou des produits d’assureurs avec qui ils ont un accord de distribution (courtiers, conseillers en gestion de patrimoine indépendants – ou CGPI – ; contrats par Internet ; offre de la Grande Distribution ; etc.)

Bon à savoir : Aucun de ces intermédiaires n’est en mesure de vous proposer l’intégralité des contrats du marché.

L’offre est pléthorique et faire un choix nécessite une étude préalable à votre prise de décision.

Cette étude permettra de se poser les bonnes questions

Attention : La notoriété d’un assureur ou d’une banque n’est pas gage de la qualité de ses contrats

Aussi dans la pratique, il convient de ne pas faire une confiance aveugle à l’intermédiaire qui vous a sollicité ou que vous avez contacté.

Pourquoi ? Tous simplement parce que tous ces intermédiaires sont intéressés sur les ventes réalisées.

  • 1) Ceux qui sont mandatés ou employés par un seul assureur ne peuvent vendre que ses produits.

C’est notamment le cas des agences bancaires. Votre conseiller ne vous proposera que les contrats « maison » (c’est à dire ceux de la société d’assurance filiale de la banque, et dont la banque distribue les contrats en qualité de courtiers, ou ceux d’un assureur partenaire si la banque n’a pas elle-même de filiale Vie). Et nombre d’entre eux déplorent la pression managériale subie…

  • 2) Ceux qui peuvent vendre les produits de plusieurs assureurs (courtiers, CGPI, etc.) sont tenus à vous apporter le meilleur conseil. Mais, sans déroger à cette obligation, certains ont parfois tendance à conseiller en priorité le contrat qui sera le plus rémunérateur pour eux.

Eh oui, il en va des assureurs et banquiers comme de tout autre commerçant. Ils doivent vendre les produits de la banque ou société qui les emploie. N’attendez donc pas qu’ils vous préconisent des produits de la concurrence, même s’ils sont plus adaptés à votre besoin personnel.

Une offre bancaire dominante, mais généralement moins performante

Les banques représentent en 2017, 60 à 65% de la collecte de l’assurance vie.

Ceci s’explique par leur facilité à connaître la situation financière de leurs clients et la faculté de leur proposer systématiquement un contrat « maison ».

Mais cette position dominante n’est pas forcément un avantage pour leurs clients. En effet, l’offre de la bancassurance, plus standardisée, tend à voir ses rendements dériver et devenir très médiocres.

C’est ce qu’il ressort clairement de l’étude comparative réalisée annuellement par la revue « Mieux vivre votre Argent ». Son édition 2016 mettait l’accent sur la situation catastrophique des contrats destinés au grand public et dont un seul se classe parmi le top 100 du marché…

C’est un peu meilleur pour leurs contrats dits « haut de gamme », mais qui restent loin de figurer parmi les plus performants.

Les banques ne méritent donc pas le tableau d’honneur et lorsqu’on pousse plus loin la comparaison avec les meilleurs contrats du marché, on met en évidence un déficit de rendement qui peut aller jusqu’à 30% par rapport à leurs concurrents les mieux placés (certaines mutuelles, associations d’assurés, contrats par Internet ou certains assureurs).

De plus, les banquiers renouvelant souvent leur gamme de contrats, cela entraîne généralement une pénalisation des souscripteurs des vieux contrats fermés à la souscription. Leur rendement est en effet diminué au bénéfice de celui des contrats nouveaux à promouvoir… (Pratique également répandue chez certains assureurs).

Ne faites donc pas une confiance aveugle à votre banquier et mettez-le en concurrence. En moyenne le rendement des contrats des banques tourne autour de 1,50% en 2016 (source FFA). En dessous de la moyenne basse de l’ensemble des contrats (1,80/1,90%).

Et il en va de même avec les assureurs, car si un assureur de solide réputation est très compétitif par exemple en assurance « auto » ou « Habitation », cela n’induit pas systématiquement une qualité équivalente de son offre en assurance vie.

Le contrat d’assurance vie est une enveloppe bénéficiant d’une fiscalité spécifique

Le résultat de votre opération d’investissement en assurance vie dépendra donc avant tout du contenu de cette enveloppe.

Vous allez donc faire votre marché. Et comme au marché, vous aurez le choix entre différents produits pour composer votre menu. À l’instar de votre repas qui sera un régal si vous avez utilisé des produits de qualité pour le composer, votre placement aura du rendement si vous avez retenu les bonnes valeurs pour le composer. La constitution de votre portefeuille est donc essentielle pour la réussite de votre opération.

Ouvrez un contrat dès maintenant même si vous n’avez pas beaucoup d’argent à investir : vous déclencherez ainsi le décompte de l’ancienneté fiscale ; (voir « prendre date »).

Les étapes préalables à votre prise de décision

On dénombre 5 étapes préalables à la prise de décision.

1) Faire le point sur votre situation patrimoniale

Et situer la place que vous souhaitez accorder à l’assurance vie dans votre stratégie patrimoniale.

2) Déterminer le but de votre investissement et la durée envisagée de votre placement

En fonction de votre objectif, le type de contrat à retenir variera.

  • Votre but est de constituer un capital pour votre retraite: Un jeune débutant dans la vie pourra choisir un contrat à versements programmés pour épargner régulièrement. Il pourra y introduire une part plus ou moins importante de risque pour booster son investissement.
  • Votre objectif est la transmission d’un capital : Un contrat à prime unique sera à privilégier.
  • Votre but est de faire fructifier un capital : Un contrat à versement libre permettra à la fois d’investir le capital détenu tout en autorisant d’autres versements futurs.
  • Votre but est de placer votre épargne de précaution : Dans ce cas un produit sans frais d’entrée avec sécurisation sur un fonds en euros à frais réduits s’impose.
  • Votre but est de recueillir des revenus réguliers d’un capital : Le contrat devra permettre une conversion en rente ou des retraits programmés.

3) À quel horizon investissez-vous ?

Court terme ? Pas de risque. Donc, fonds en euros !

Moyen ou long terme : une dose plus ou moins importante de risque peut être acceptée, en fonction de votre profil d’investisseur.

4) Définissez votre « profil de risque » ou « profil d’investisseur »

Il dépendra de votre psychologie, de votre rapport avec l’argent, mais aussi du but que vous poursuivez.

Généralement, les profils se répartissent en grandes catégories (de 3 à 10 selon les assureurs et les contrats). En voici les 3 principaux ; les autres étant déclinés autour de ces 3 bases :

  1. « Prudent » : recherche une sécurité maximum.
  2. « Équilibre » : accepte une part de risque limité en panachant le fonds en euros avec un peu de fonds à risque (action, etc.).
  3. « Dynamique » : le profil à la fois le plus risqué, mais aussi le plus rémunérateur. Exige une pondération du risque en fonction des périodes et l’usage d’options de sécurisation du capital et des plus-values réalisées.

5) Déterminez quel type de gestion vous souhaitez mettre en place

Opter pour un bon contrat ne suffit pas pour vous assurer un bon rendement ; encore faut-il pour cela, qu’il soit bien géré… Le choix du mode de gestion est fondamental.

Envisagez-vous une gestion active ou passive de votre contrat ?

Si oui, disposez-vous des connaissances minimum et du temps nécessaire ? De bonnes connaissances financières et boursières et un minimum de temps sont indispensables à une gestion libre.

Sinon, envisagez-vous de déléguer entièrement la gestion de votre contrat ? Préférez-vous une gestion pilotée ? profilée ? Confier la gestion à des professionnels a un coût qu’il faut prendre en considération. Etc.

Autant de questions à se poser.

L’analyse des contrats et les divers points à vérifier

Exiger des offres écrites afin de pouvoir comparer toutes les propositions que vous aurez recueillies.

Pour effectuer cette analyse, il vous faudra les Conditions générales du contrat. Celles-ci elles décrivent les garanties et indiquent les conditions de fonctionnement du contrat ; elles doivent être claires, précises et respecter les obligations légales.

La documentation remise doit être complète, transparente et ne pas induire en erreur sur ce que l’on peut attendre du contrat en terme de performances, d’options proposées et de frais.

L’information précontractuelle du souscripteur : la proposition de contrat doit impérativement contenir une note d’information sur les conditions d’exercice de la faculté de renonciation et sur les dispositions essentielles du contrat.

Cette note d’information comprendra au minium les éléments suivants :

  • la nature du contrat (contrat d’assurance vie individuel ou de groupe, ou contrat de capitalisation) ;
  • les garanties offertes ;
  • l’existence ou non d’une participation aux bénéfices ;
  • l’existence d’une faculté de rachat (possibilité de retirer des fonds) ou de transfert (permet aussi bien de modifier la nature du contrat – en passant d’un monosupport à un multisupport-, que de changer d’assureur sans perdre l’antériorité fiscale du contrat ni les avantages qui en découlent) ;
  • le regroupement des frais et indemnités dans une même rubrique ;
  • la durée du contrat recommandée ;
  • les modalités de désignation du bénéficiaire.

Vous pouvez utilement compléter cette recherche d’information par la lecture de sites et forum internet ou de magazines spécialisés en matière d’assurance-vie tels que Cieleden.

Cette analyse doit vous permettre de recueillir des informations précises sur les critères suivants :

  • La rentabilité: même si les performances passées ne préfigurent pas du futur, recherchez le rendement obtenu au moins sur les 5 dernières années. Privilégiez un contrat ayant déjà fait ses preuves sur la durée. La régularité des taux performants est gage du sérieux de l’équipe de gestion.

 

  • Les profils de gestion proposés et l’allocation type s’y rattachant, avec le niveau de risque affecté à chacun des profils.
  • La recherche d’un bon fonds en euros ; sa qualité est importante, même au sein d’un contrat multi support, car c’est sur lui que seront rapatriées les plus-values effectuées sur les unités de compte ;

Et comme tous ne se valent pas (à titre indicatif, si pour 2016 la rémunération moyenne tourne autour de 1,90%, les rendements vont s’échelonner entre 0,50 % et 3,50 %. Soit une échelle de 1 à 7 ! ), voyez si le contrat offre la possibilité d’investir sur des fonds en euros dits « alternatifs », des supports en euros de nouvelle génération faisant la part belle aux actions (fonds dynamiques) et à l’immobilier professionnel (fonds dits « opportunistes), plus attractifs que les fonds traditionnels (jusqu’à 3,50% en 2016), sans être beaucoup plus risqués. Mais les assureurs en limitent parfois l’accès aux épargnants qui investissent sur les unités de compte…

À noter : Privilégiez les contrats cumulant les 2 types de fonds : classiques et alternatifs. Par contre, évitez les fonds « euro-croissance » qui connaissent un échec cinglant.

> Un contrat offrant un panel de fonds variés (suffisamment nombreux et variés permettant de répartir son investissement sur divers secteurs d’activités ou de matières premières et sur différentes zones géographiques (France, Europe, USA, etc.), mais aussi sur divers supports (actions, obligations, trackers, parts de SCPI, etc.). Ce qui vous permettra de diversifier vos investissements et donc de diluer le risque.

Astuce : Si vos connaissances financières ne vous permettent pas de juger de la qualité des fonds proposés, par précaution assurez-vous que ceux que vous allez sélectionner sont confiés à des gestionnaires différents.

> Les frais attachés au contrat doivent être clairement précisés. Ne pas accepter de contrat comportant des frais précomptés. À bannir.

> Les frais sur versement ou frais d’entrée : n’acceptez pas de frais supérieurs à 2,5%. N’hésitez pas à les négocier (faites valoir que l’offre Internet est très souvent sans frais d’entrée).

> Les frais de gestion : beaucoup plus difficiles à négocier, ils sont prélevés tous les ans et finissent à terme par grever le rendement du contrat plus que les frais d’entrée (généralement de 0,5% à 1%). Il est donc important de choisir un contrat les limitant autour de 0,60% pour un contrat en euros et à 0,8% sur un multi support.

  • Renseignez-vous sur les frais annexes prélevés par les gestionnaires des supports ( Sicav, FCP, part de SCPI ou autre unité de compte) que vous allez intégrer dans votre contrat multi support. Ils sont souvent élevés (entre 1 et 2 ou 2,5%).
  • Faites-vous préciser les possibilités d’arbitrage et leur fonctionnement.

Les arbitrages sont-ils gratuits ? (ceux des contrats Internet le sont souvent) A combien d’arbitrages gratuits avez-vous droit par an ? S’ils sont payants, comment fonctionnent-ils ? Prix forfaitaire ou % des fonds mouvementés ?

  • Assurez-vous de la rapidité d’exécution des arbitrages (importante pour sauvegarder sur le fonds en euros les plus-values réalisées sur les U.C. Ou à l’inverse quand on veut profiter d’une opportunité d’investissement offerte par le marché).
  • Vérifiez que le contrat vous permet de sortir sans frais ni pénalités et à tout moment.
  • Si vous envisagez une sortie en rente viagère, assurez-vous qu’elle soit possible et informez-vous sur les taux de rente applicables en fonction de l’âge.
  • Vérifiez la possibilité d’obtenir une avance et à quelles conditions.
  • Assurez-vous de disposer d’options de gestion gratuites en nombre suffisant.

L’option « stop-loss » est indispensable pour stopper ses pertes. Un outil d’investissement progressif vous sera également utile, qui vous permettra de « lisser » le prix d’achat d’une même valeur. Indispensable aussi une option de sécurisation automatique sur le fonds en euros, des plus-values réalisées au-delà d’un certain seuil.

Attention aux options de gestion payantes (% ou forfait par opération).

  • Dans certains cas, notamment en présence d’un souscripteur âgé, une option de prévoyance (ou garantie « plancher ») peut s’avérer utile pour sécuriser l’investissement en cas de décès par la garantie d’un capital minimum transmis aux bénéficiaires. Mais attention, cette sécurité coûte souvent très cher…La cotisation annuelle varie en fonction de la somme assurée et de l’âge atteint par l’assuré.
  • Sans formation suffisante et un minimum de temps pour gérer, mieux vaut opter pour des fonds patrimoniaux composés de quelques lignes de produits variés de façon à minimiser le risque. En temps normal, ces produits offrent un rendement un peu supérieur, selon les gestionnaires, à celui des fonds en euros.

À retenir :

Pour vous inciter à diversifier vos placements et à prendre plus de risque, les assureurs mettent en place des systèmes de bonus favorisant les investisseurs en fonction du montant global de l’investissement et du pourcentage investi sur les unités de compte.

Par exemple, c’est ainsi que pour un même contrat multi support, un célèbre assureur fait varier la revalorisation du fonds en euros de 2,20% à 2,70%, selon le montant investi et la composition (plus ou moins de 50.000 € et pourcentage d’unités de compte oscillant entre 0% et 35%).

Les conseils Club-Reduc :

  • Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier : à partir d’un certain montant investi, préférez plusieurs contrats ouverts auprès de plusieurs assureurs.
  • Peaufiner la rédaction de votre clause bénéficiaire. Elle est fondamentale. Dans les situations familiales complexes, n’hésitez pas à consulter un notaire ou un avocat.

Et si, après réflexion, vous avez le sentiment de ne pas avoir choisi le bon contrat, n’oubliez pas que vous disposez d’un délai légal de rétractation de 30 jours.